Marguerite Beslais

Photos

Parents : Aristide, Madeleine

Époux : Henry-Louis

Enfants : François (12 mai 1947), Marc (21 août 1950), Marianne (28 août 1958)


Général

Naissance : 13 décembre 1920 à Montluçon

Mariage : 22 juillet 1946 à Paris (25 ans)

Décès : 19 juin 2013 au 19 rue Lhomond (93 ans)

Profession : enseignante en France, puis aux États-Unis. Après la guerre, organise pour le Ministère de l’éducation l’accueil des étudiants étrangers à Paris, et en même temps organise pour l’Université Sarah Lawrence l’accueil de ses étudiants à Paris.

Prénoms : Marguerite Madeleine Valentine

Surnoms : Guite, Guiguite, Bichette, Fline

Études : agrégation de grammaire


Histoire

C’est une femme active et moderne pour son époque, habituée à vivre dans des univers masculins. Sa carrière est exemplaire et elle fait un beau mariage avec un mari qui la respecte et qu’elle respecte.

Elle naît pendant Congrès de Tours, ce qui rend fou son père qui est membre actif du parti socialiste et qui désespère de pouvoir y aller.

Mon doux trésor il faut être raisonnable et manger convenablement. Pour cela il faut vous établir des menus rationnels où la nourriture n’est pas tel jour composée que de légumes et un autre que de viande, et un troisième que de pâtes. Il faut varier à l’intérieur de chaque repas, voyez la question dans des bouquins.

Nous aurons, oui Monsieur / Madame, de très beaux enfants, auxquels un jour pieusement nous ferons visiter Cahors : «Tu vois c’est là que ta maman a dépéri d’ennui». De là explication de ce que c’est que l’ennui et des différentes façons de le combattre (le vin, l’opium, le tabac, la danse, …) «Tout procédé que ta maman n’employait pas parce qu’elle savait que ça ne la guérissait pas, elle».

Voici comment elle décrit son année à Cahors dans une lettre à Henry-Louis, envoyée vers la fin de son séjour :

Son amie Simone

Au lycée elle a eu une amie très chère nommée Simone Devouassoux, une grande blonde fine venant d’une famille riche. Elles étaient très intimes et restaient toujours fourrées ensemble, à tel point que Marguerite a été accusée par sa sœur Marie-Madeleine d’avoir une relation amoureuse (c’était de la rancœur de sa part, elle-même était tombée amoureuse d’une de ses professeur de lycée).

De cette amitié, il nous reste une énorme correspondance, environ 250 lettres envoyées pendant leurs années de lycée, seulement celles écrites par Simone et conservées par Marguerite. Et, de manière surprenante, elles ne contiennent strictement rien de particulier. Strictement rien. De ce qu’il en ressort, Simone est une fille très auto-centrée, qui ne parle que de ses humeurs du moment. Les lettres ne sont que des grandes litanies de «Aujourd’hui je me sens bien», «Aujourd’hui je suis un peu malheureuse», «Hier j’avais envie de pleurer», «Il faut beau et chaud», «Il pleut», «Il neige», «Je suis avec ma grand-mère, de temps en temps elle me parle», «J’aimerais bien rentrer à Paris», «Je m’ennuie». Tout cela avec une écriture grande et maladroite désagréable à lire.

Elles se sont connues au lycée mais sont restées amies toute leur vie. Simone est devenue chercheuse au CNRS mais ne faisait rien. Elle a été exclue après qu’un jour la Cour des comptes a fait une enquête sur les postes fictifs dans la recherche.


Lettres

Lettre juste après son mariage, peu avant de partir aux États-unis. On a une idée de la charge de travail de Henry-Louis à la Conférence de la paix.

Lettre qu’elle écrit à son arrivée à Cahors, alors que Henry-Louis n’arrive pas.

Lettre sur les divertissements de Cahors.

Lettre alors qu’elle est à la recherche de nourriture.

Lettre encore sur sa vie à Cahors, comment elle se jette sur la nourriture dès qu’elle en a l’occasion, après avoir vécu l’Occupation.

Lettre sur ses projets.

Lettre où on voit sa manière particulière de parler avec sa famille.

Lettre sur son tailleur.

De moindre importance, une lettre où elle parle de son oncle Célestin.

Elle fait ses études sous l’Occupation. Elle passe les rattrapages au bac mais le décroche. Elle rate l’agrégation de grammaire deux fois mais la décroche la troisième.

Elle rencontre Henry-Louis Baratin en préparant l’agrégation. Ils se fréquentent pendant la guerre et se fiancent une fois la paix arrivée.

À ce moment elle parvient à trouver deux postes d’un coup à Cahors, avec une place pour un agrégé (pour elle) et une place pour un licencié (pour lui). Mais lui se rend compte qu’il va être pion, se vexe, refuse de la suivre. L’ennui est qu’elle a déjà demandé le poste, qui est à Cahors. Elle se retrouve là-bas toute seule pendant une année entière d’enseignement. Elle s’y ennuie mortellement.

Mais cela ne les empêche pas de se marier à son retour à Paris. Henry-Louis, après de nombreuses recherches, a trouvé un poste. C’est à l’ONU, à New-York, les deux jeunes mariés doivent y partir rapidement.

Elle part aux États-unis avec lui en pensant qu’elle va rester au foyer élever ses enfants. Mais l’université Sarah Lawrence lui fait des propositions tellement favorables qu’elle y va enseigner la littérature française.

Une fois rentrée en France elle gagne très bien sa vie.

D’abord l’Université Sarah Lawrence continue à l’employer, cette fois-ci pour accueillir les étudiants qui veulent effectuer une partie de leur cursus à Paris. La parité très favorable du dollar à l’époque augmentait encore son salaire déjà haut et non taxé.

Mais en plus elle prend l’initiative de proposer au recteur de l’Université de Paris d’organiser dans sa totalité l’accueil des étudiants étrangers à Paris. La situation de son père, ayant un poste très important au ministère, lui donne un soutien de poids. Elle fonde alors un centre chargé de cette tâche.

Elle cumule ainsi deux salaires importants qui permettent à la famille de vivre très à l’aise. Depuis son centre elle gère de multiples appartements dans Paris pour héberger les étudiantes.

Elle garde ces deux emplois jusqu’à sa retraite.

Avec François

Elle passe une retraite assez paisible, parfois troublée par les problèmes de santé de son mari.

Après la mort de son mari, elle ne lui survit que deux ans.


Divers

Elle est parfois invitée aux Rieux, la maison qu’occupe sa sœur, avec sa famille. Quand toutes les femmes se lèvent de table pour faire la vaisselle, elle reste assise avec les hommes, faisant mine de de ne rien remarquer. En plus elle se met à plaisanter avec eux et à les faire rire pendant que les femmes ramassent les assiettes.


Elle portait toujours par-devers elle un petit carnet avec dedans tout ce qui lui était cher. Il contenait :

- une photo de Henry-Louis,

- des photos d’elle avec ses sœurs, ses amies d’enfance, ses parents,

- des lettres et des poèmes d’amour que Henry-Louis lui a écrits lors de leurs études,

- les dernières lettres de sa grand-mère maternelle (voir cette page à la section Lettres).


À Cahors elle mange un peu n’importe comment. C’est la première fois qu’elle se retrouve seule dans sa vie et ses menus sont les mêmes qu’un étudiant fraîchement sorti de chez lui. Avec son amie la professeur d’espagnol, elle se fait de grandes platées de pâtes. Henry-Louis lui reproche son régime dans une lettre :