Sophie Dansault

Photos

Parents : Alexandre, Sophie

Époux : Félix Vérillotte

Enfants : Marcel, Madeleine


Général

Naissance : 10 octobre 1864 à Saint-Pierre-des-Corps

Mariage : 2 octobre 1886 à Tours (presque 22 ans)

Décès : 1942 (77 ans)

Prénoms : Sophie Nancia

Profession : épicière


Histoire

Elle est intelligente et pourrait faire de bonnes études, mais sur l’ordre de sa mère elle quitte l’école avant le bac pour aller tenir l’épicerie familiale. Elle s’exécute mais veut un autre avenir pour ses enfants. Elle les pousse aux études, au point que son fils fait médecine et sa fille philosophie.

Elle naît à Tours dans un milieu très catholique. En l’absence de son père qui a fui le ménage, elle est élevée par sa mère seule.

Pendant sa jeunesse elle s’occupe de l’épicerie maternelle, qui se tient près de la cathédrale. Il semble que cette épicerie n’ait jamais dégagé de profit notable, et son futur mari devra vendre des terres pour en combler les déficits.

Elle épouse Félix Vérillotte, tailleur. Ils se rencontrent probablement alors qu’il fait l’une de ses tournées à travers la France, lui qui vient de Champagne, afin de vendre ses produits. Il a sans cesse affaire aux épiceries qui à l’époque font aussi fonction de merceries.

Ensemble ils ont deux enfants, Marcel et Madeleine. Les deux font de très hautes études.

Elle adore tout particulièrement son fils Marcel qui se révèle brillant et original. Au point d’en perdre le contrôle quand il atteint la force de l’âge, et de s’apercevoir qu’après de multiples excès il a sombré dans la morphine. Toute l’aide et la compréhension qu’elle tente de lui apporter n’y pourront rien, il finit par se suicider. Elle demeure totalement abattue.

Par la suite, elle s’occupe régulièrement de ses trois petites-filles. Même quand celles-ci déménagent avec leurs parent à Paris.

Elle meurt pendant la Seconde Guerre mondiale.

Citation des Mémoires d’Aristide Beslais, son gendre après avoir épousé sa fille Madeleine :

Je n’ai eu qu’à me louer de votre grand-mère. Elle n’a pas contrarié nos amours, elle en a été heureuse et les a gentiment protégées. Elle a été pour Madeleine une bonne mère —et pour moi une aimable belle-mère. Sans doute était-elle pour Marcel plus qu’un bonne mère, elle était une mère passionnée, aveugle, et par instants, exclusive. La mort de son fils l’a littéralement anéantie, l’a parfois rendue amère et injuste, et Madeleine en a souffert. Il a fallu le sourire de sa première petite-fille [Marie-Madeleine], survenue trois ans après la mort de Marcel, pour l’arracher à son désespoir.

Autre passage :

La mère de Madeleine, votre grand-mère, avait une religiosité particulière. Dirai-je une foi ou une habitude ? Elle avait conservé pour les prêtres et ce qui les entourait des sentiments qui devaient être ceux des femmes du XVe siècle. Elle les redoutait plus qu’elle ne les vénérait, et elle racontait volontiers leurs petites turpitudes humaines qui faisaient jaser le quartier, le quartier de la cathédrale ! Plus superstitieuse que bigote, elle était attachée aux formes de la religion et elle en respectait les tabous. La mort de son fils l’avait atterrée et il semble que cette injustice du sort, au lieu de la rapprocher de Dieu, l’en ait plutôt éloignée. Elle avait conçu pour ce fils une telle adoration, elle avait fondé sur lui tant d’espérances, que sa disparition brutale créa en elle une sorte de vide. Son dieu l’avait trahie, ce dieu qui avait été jusque là «son espérance et son soutien». Elle lui gardait une secrète rancune.

Lettres

Quelques lettres étaient dans la correspondance de Marguerite Baratin, qui l’appelait sa grand-mère Vérillotte. Elle les avait conservées dans un porte-cartes qu’elle réservait pour ses papiers les plus précieux. Il s’agit des dernières lettres qu’elle ait reçues d’elle avant sa mort.

L’orthographe est originelle. L’année n’est pas écrite mais comme son décès date de 1942, les lettres sont probablement de cette année aussi.

Lettre 1, où elle parle de la tante Valentine qui visiblement cherche encore à leur quémander quelque chose.

Lettre 2, où elle ne dit rien en particulier.