Henry-Louis Baratin

Photos

Parents : Henri, Marguerite

Épouse : Marguerite

Enfants : François (12 mai 1947), Marc (21 août 1950), Marianne (28 août 1958)

Chat : Gros-Père


Général

Naissance : 24 juillet 1917 à Brosses, Yonne

Mariage : 22 juillet 1946 à Paris (presque 29 ans)

Décès : 30 avril 2011 en Creuse (93 ans)

Profession : administrateur dans la fonction publique


Histoire

Il n’a pas fait la carrière qu’il aurait voulu. Beaucoup poussé par sa mère à ses débuts, il ne parvient pas à obtenir un diplôme supérieur, et n’aura jamais d’emploi pérenne. Il s’est obstiné dans les belles-lettres sans avoir l’aptitude. Mais il fait un très beau mariage avec une femme intelligente, aidé par son physique imposant et son air digne.

Il est fils unique. Sa mère est extraordinairement fière de lui et s’en occupe beaucoup.

Il passe son enfance à la campagne près de l’Yonne.

Il fait une bonne scolarité à Auxerre et est envoyé à Paris en classe préparatoire lettres. C’est alors l’Occupation. Il échoue au concours et à l’agrégation, trois fois.

Tout n’est pas perdu heureusement parce qu’il rencontre Marguerite Beslais, qui postule aussi à l’agrégation. Il arrive à lui parler malgré les principes qu’elle lui oppose, comme «D’abord je ne suis pas baptisée, moi !».

Après la guerre il se marie et obtient un emploi à la Conférence de la paix à Paris, où les belligérants discutent des conditions de l’Armistice. De là il trouve un travail à l’ONU à New-York, où il part avec sa femme.

Une fois arrivé à New-York ses employeurs se rendent compte qu’il ne parle pas anglais et tentent de le mettre à pied. Mais comme à ce moment son épouse se trouve enceinte, la loi américaine s’y oppose. On parvient à lui trouver une autre place.

Il y reste sept ans. Il a ses deux premiers enfants.

Il finit par retourner en France afin d’éduquer ses fils à la française.

Lui et ses deux fils dans un transatlantique

À Paris il a du mal à retrouver du travail. Il exerce divers métier mais le plus souvent il reste à la maison.

Il obtient enfin un emploi stable quand il décroche le poste de chef du bureau «Organisation et méthodes» au Ministère des finances. Il s’intéresse tellement à ce travail qu’il publie un livre sur le sujet.

Il meurt alors qu’il se repose en Creuse.


Divers

Pendant ses années d’étude à Paris, il habite avec sa mère le 16 rue Tournefort.


Ses plans de carrière

Pendant l’année suivant la guerre, alors que Marguerite enseigne à Cahors, il cherche toutes les possibilités d’avoir un emploi à Paris. Il veut un métier attrayant et rémunérateur et ne s’interdit aucune voie. Voici quelques plans qu’il a eus :

     -     « L’autre jour chez Hérot un industriel droitier à outrance m’a proposé de me faire entrer à la banque Worms et que dans deux ans je pourrais avoir en Afrique une très belle situation (ceci dit du point de vue de ce monsieur qui roule dans une Hotchkiss du tonnerre). »

     -     «La Conférence m’apparaît compromise. Alors comment entrer dans l’Unesco ? Je tenterai sans doute d’entrer en rapport avec Joxe, ancien secrétaire général à la présidence de De Gaulle et qui est l’oncle de Robichon. Ce Joxe était à la Réunion de Londres avec Léon Blum. »

     -     « Ma belle enfant en attendant je vais peut-être demander Chartres pour nous deux avant que nous ne prenions nos congés –si l’ONU réussit pour nous–»

     -     «Peut-être, après tout, après un stage –au cas où la carrière dans les fonctionnaires internationaux ne marcherait pas– à Paris au ministère, pourrions-nous partir dans une province belle et être tous deux professeurs. Ce serait le grand idéal évidemment. Surtout que d’après la réforme dont on parle, il n’y aurait plus d’agrégés dans les classes proprement secondaires et je n’aurais pas l’air trop ballot là».

     -     «J’ai reçu une réponse négative du ministère de la production industrielle car on prend par priorité dans les bureaux les auxiliaires de ladite administration.»

     -     «Je suis en train de lire sur le supplément au Bulletin officiel n°19 un long article du proviseur de Monaco sur la vocation du censeur.»

     -     «Mais accepterais-tu, mon gros chou, de partir dans un beau pays d’Europe comme professeur ? […] Mon tuyau vient d’un camarade qui vient de refuser un poste à Bucarest.»


Il y a aussi une une lettre sur un emploi à Sainte-Barbe. Et dans une autre lettre il parle de sa recherche de logement.


D’ailleurs il résume un peu cette année dans une lettre :

Avec son appareil auditif

Je viens de lire La Thébaïde, la première pièce de Racine où sept morts s’accumulent. Un passage m’a plu par son idiotie qui rappelle la mienne à propos de Polynice et de son beau-père qui lui propose le trône d’Argos et que Polynice refuse… Vous avez un fiancé étrange devez-vous penser ma chérie que j’aime.

Lettres à Marguerite

Pendant l’année à Cahors de Marguerite Beslais et pendant leurs vacances sous l’Occupation, il lui envoie des lettres très régulièrement.

Lettre romantique envoyée à l’occasion du 1er avril, anniversaire du jour où il lui a dit «Je crois que je vous aime».

Lettre où il est paranoïaque.

Lettre où il est gai.

Lettre où il est sûr de lui.

Lettre où il n’est plus sûr de rien.

Lettre alors que les Américains approchent.

Lettre où il parle des conditions de l’Occupation.

Lettre où il parle d’enfants.

Lui et Marguerite, à droite, avec les autres étudiants

Mais il redevient chômeur quand le service est fermé.

Il devient totalement sourd à l’âge de 50 ans et il commence à avoir des problèmes de santé : cancer de l’intestin, puis rupture d’anévrisme. Il survit miraculeusement aux deux.

Son livre : Organisation et méthodes dans l’administration publique